Interviews



Le Mardi 19 septembre 2017 , les élèves de la classe Sciences et patrimoine ont interviewé certains membres de notre association pour recueillir leurs souvenirs de leur passage dans notre lycée.


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Interview de Maurice PRETESACQUE

Elève au lycée Bonaparte de 1954 à 1961.

Qu’est ce qui a changé entre votre époque et maintenant?
« Alors à l’époque, on entrait au lycée en sixième après un examen d’entrée qu’on préparait en CM2, où il y avait dictée, rédaction, questions et mathématiques. Je suis donc rentré en sixième en 1954. Il y avait seulement deux classes de sixième : une sixième classique, dans laquelle  j’étais, où il y avait Allemand première langue et latin et une sixième moderne où on faisait de l’anglais.
A mes début de 5ième, on a eu l’installation du chauffage central.  Mais les deux premières années,  il n'y avait pas de chauffage, donc nous les internes, on était chargé notamment au début d’après-midi d’amener une brassée de bois dans les salles pour alimenter les poêles.
Le bal de fin d'année n'existait pas  mais il y avait des représentations de théâtre deux fois par an, et les élèves jouaient des pièces qu'ils avaient écrites eux-mêmes. Moi,  je n'en n'ai pas fait. »

Est-ce qu'il y avait des matières qui ne sont plus enseignées maintenant ?
« Le grec et le latin ont été supprimés. Je trouve ça dommage car il ne faut pas oublier que notre langue française vient de ces deux langues, et que la plupart de nos mots sont soit d'origine latine, soit d'origine grec. J'ai commencé le grec en quatrième avec Mme Genevois. J'étais mauvais élève en maths. Nous n'étions que trois à apprendre le grec. D'ailleurs j'ai eu mon bac grâce au grec. Plus tard, j'ai abandonné l'anglais car à l'époque on avait un devoir de langue par semaine, et ça me faisait trop. »

Etiez-vous interne durant vos années de lycée ?
« Ah oui, de la sixième à la terminale. »

Comment était l'internat à l'époque ?
« Avant, on était dans des grands dortoirs, il y avait le dortoir des petits, qui nous accueillait de la sixième à la troisième, il me semble. Puis le dortoir des grands qui nous accueillait de la troisième à la terminale. Je me souviens que les petits, on se faisait un peu chahuter par les grands, on se faisait jeter de nos lits. Quant aux filles, elles étaient de l'autre coté, là il y a les logements maintenant. A l'origine, elles étaient à la pension Boutrou dans le centre-ville. C'est lorsque qu'on prend la rue de l'Arquebuse, il y a un parking à côté de la Tête Noire, et au fond il y a un ancien bâtiment, c'était là.
Beaucoup des internes venaient de Gueugnon parce qu’il y a l'usine des forges. Un  car faisait un ramassage de toute la vallée de l'Arroux là-bas. Le car était toujours plein. »

Comment se passait une journée de cours ?
« Alors on se levait très tôt le matin, c'étais le pion qui allumait, il vivait dans sa petite guérite où il dormait. Des pions, il y en a eu des sympas et des moins sympas. Bref, donc notre journée commençait à 6H30, on faisait notre toilette. Souvent on était deux par lavabo, et puis on descendait. On avait une demi-heure d'étude, et à 7H on déjeunait. À 7H30  on retrouvait les autres puis à 8H00 les cours commençaient jusqu'à 12H00, et on mangeait. A l'origine on avait des grandes tables en marbre, après on a eu des tables octogonales et on était par huit. À 13H30, on avait une demi-heure d'étude. Les cours reprenaient à 14H00 jusqu'à 17H00. Ça nous faisait de belles journées! Et après on avait encore l'étude du soir de 17H00 à 19H00. Ensuite on mangeait et c'était reparti pour une heure d'étude. Et sur les coups de 21H30 on allait se coucher ».

Pouvez-vous nous raconter une petite anecdote dont vous vous souvenez ?
« Autrefois, vous savez, on aimait bien rigoler quand même. On avait pris la mauvaise habitude de jouer avec une balle. Le but, c’était de se la faire passer sans se faire prendre. Et puis un beau jour pendant le cours de Mme Genevois justement elle s’en est aperçue. Elle a dit: « Paul, apporte moi cette balle » et Paul de répondre sans se démonter « Non, madame, c’est à sens unique. » ! »

Qu'est-ce que vous faisiez comme activités ?
« En tant qu’interne, les distractions étaient plutôt limitées. Dans un premier temps, les mercredis après-midi on nous emmenait à la cascade de Brisecou. C’était très sympa. On allait à la châtaigneraie aussi. A l’époque le collège n’était pas encore construit, il y avait juste un emplacement avec des châtaigniers. Et puis on allait aussi au ciné-club. Le cinéma était au bout de la promenade au fond à gauche. Il est fermé aujourd'hui. Ce cinéma nous permettait de voir des films intéressants, notamment des films de Fellini Bergman et puis une fois on est allé voir un film qui s'appelle Graine de violence. Alors qu'est ce que c'est ? C’est l'histoire d'un enseignant dans le banlieue de New York.
Je me souviens aussi que le professeur qui m'a appris le latin puis le français et enfin le grec, c’est Mme Genevois,  c'était une prof extraordinaire. Elle savait intéresser ses élèves. Elle nous sortait du lycée régulièrement, au lieu de faire de l’éducation civique ou des « conneries » dans le genre, elle nous sortait en ville. C’est elle qui m'a fait découvrir par exemple le musée Verger-Tarin qui se trouve derrière la cathédrale, ou celui qui est là, en bas, le musée Lapidaire. »
Qu'avez-vous fait comme études ?
« Je suis entré dans une sixième classique, et j'ai appris le latin et le grec. J’ai continué  en quatrième avec deux langues supplémentaires: l’anglais et le grec. En première, à cette époque là, on passait un premier bac, un bac complet. On passait tout à l’écrit et tout à l’oral. Je me souviens, il y en  avait qui pleuraient parce qu’ils n'avaient pas le bac, comme aujourd’hui d'ailleurs. Et ces copains, pourquoi ils pleuraient ? Parce qu'ils n’avaient pas le bac et du coup ils partaient à la guerre d’Algérie, parce que les accords d’Evian ont eu lieu en 1962. Donc j’ai eu la chance d'avoir le premier bac sans redoubler. Ensuite j’ai opté pour la terminale de philosophie. C'était une classe sympathique car nous n’étions pas beaucoup, nous étions seize environ. »

Qu'est ce que vous avez fait après le lycée ?

« Je suis devenu professeur des écoles et j’ai enseigné de nombreuses années à l’école du Clos Jovet. J’ai appris mon métier comme ça, sur le tas. En vingt-deux ans, j'ai rencontré beaucoup d'élèves et appris plein de choses. »

Marie Colleville et Laurine Jeannin
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Nom : Champoux-Modot
Prénom : Marie-Claire

De quand à quand étiez-vous au lycée Bonaparte ?
« J’étais au lycée Bonaparte de 1962 à 1969. En 1969, j’ai passé mon bac ».

Aimiez vous vos années «au lycée »?
« C’était très bien, parce que j’étais une très bonne élève. J’ai aimé apprendre des nouvelles choses ».

 Est-ce que vous êtes encore en contact avec des anciens amis de l’école ?
« Oui, une de mes amies a fait sa carrière à Paris, moi aussi. Et je suis en contact avec une autre copine ».

Est-ce que vous pouvez comparer des professeurs de votre temps à l’école avec les professeurs d’aujourd’hui ?
« C’est un peu difficile, parce que je ne connais pas les méthodes des professeurs d’aujourd’hui, mais je pense que les profs de mon temps étaient plus sévères que les profs d’aujourd’hui. Dans les classes il y avait beaucoup de discipline. Les professeurs étaient placés sur une estrade. C’était très important de démontrer l’autorité des profs ».

Regrettez-vous votre temps à l’école ?
« Non, parce qu’après mon bac, j'ai continué mes études et je suis allée à l’université de Dijon en faculté de lettres et langues étrangères.

Est-ce qu’il y a des choses qui étaient très importantes pour vous pendant vos années au lycée ?
« J’ai participé à un groupe de théâtre pendant trois ans et j’avais crée un club de poésie avec une copine de terminale. Pendant mon temps libre, j’ai passé beaucoup de temps à la bibliothèque. En 4ième on a parlé de notre orientation professionnelle. C’était aussi très important pour moi ».

Est-ce qu’il y a aussi des choses négatives quui ressortent de vos années au lycée ?
« Oui, je me souviens que les professeurs pensaient avoir toujours raison. On ne pouvait pas les contredire. C’était vraiment dommage ».

 Combien d’élèves constituaient une classe ?
« Les classes étaient plus grandes qu’aujourd’hui. Dans une classe il y avait 36 à 38 élèves ».

Qu’est-ce que vous faisiez pendant votre temps libre ?
« Pendant les week-ends, il y a avait beaucoup de fêtes à Autun. Ces fêtes étaient dans l’ancienne prison d’Autun. Les jeudis après-midi je m’occupais. J’allais à la bibliothèque ».

 Est-ce que vous avez en mémoire une  histoire drôle de vos années au lycée ?
« Ce n’est pas une histoire drôle mais j’ai participé à l’échange avec Ingelheim et c’était un très bon moment.  Le système scolaire allemand est moins sévère que le système français et à cause de cela,  on a eu le droit de faire beaucoup de choses, qu’on ne pouvait pas faire en France ».

Qu’est-ce que vous avez fait après votre baccalauréat ?
« Après mon bac,  j’ai fait des études d’anglais à la faculté de Dijon puis j’ai obtenu une bourse pour aller passer un an dans une université américaine. A mon retour, j’ai rejoint l’université de Paris, où j’ai obtenu mon diplôme de maîtrise en poésie américaine contemporaine.

Quel est votre métier maintenant ?
« Maintenant je suis consultante Recrutement et Ressources Humaines.
Pendant ma vie professionnelle, j’ai suivi plusieurs formations dans des domaines variés : finance, gestion commerciale, ressources humaines. ».

Est-ce que vos enfants ont étudié au lycée Bonaparte aussi ?
« Non, mes deux filles étaient élèves à Paris. Une de mes filles habite aux Etats Unis aujourd’hui et elle travaille pour Microsoft ».

 Où est-ce que vous habitez maintenant ?
« J’habite dans un village dans les environs d’Autun ».

Bohland Luisa, élève allemande ( programme Voltaire)
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Interview Sophie Maglica


Comment vous appelez-vous ?
« Je m’appelle Sophie Maglica. »

En quelle année êtes-vous arrivée au lycée Bonaparte ?
« Je suis arrivée au lycée de septembre 1986 à  juin 1989. »

Quel est votre parcours au lycée Bonaparte ?
« J’ai commencé par une seconde générale, ensuite une première A2 qui aujourd’hui est la première littéraire L. Je pratiquais trois langues vivantes.»

Pour vous, est-ce que le lycée a changé durant ces années ?
« Oui, mais les locaux eux n’ont pas tellement changé.  Ce sont les professeurs, le rapport élèves-professeurs et les études qui ont évolué.»

Avez-vous eu votre Baccalauréat ? Si oui avez-vous eu une mention ?
« Oui, j’ai eu mon BAC littéraire en juin 1989 avec une mention assez bien. »

Voudriez-vous refaire une année d’études dans ce lycée ?
« Je voudrais bien car c’est la jeunesse, mais je n’aurais pas envie de refaire une année d’études, c’est difficile,  on n’est jamais sûr de soi. »

Le règlement intérieur a-t-il changé par rapport à votre époque?
« Oui, aujourd’hui, on dit que les élèves manquent de respect envers les adultes, mais ils ont beaucoup plus d’autorisations de sorties,  d’agir et  de parler, du coup,  ils font de moins grosses bêtises que lorsque j’étais élève. Aujourd’hui, les élèves ont beaucoup plus de libertés. »

Combien d’élèves y avait-il par classes ?
« On était très nombreux dans chacune des classes. Nous étions 38 par classe de secondes. »

Les professeurs étaient-ils plus stricts avant ?
« Ça dépend des professeurs. Certains essayaient d’être stricts,  d’autres  étaient sympas,  d’autres étaient très stricts et enfin certains  étaient chahutés. C’est comme aujourd’hui. »

Etiez-vous accompagnée pour aller au stade Saint Roch ? 
« Oui, nous étions accompagnés pas nos professeurs et on avait  des cours de gym dans deux salles nulles qui sentaient le tabac, la transpiration etc… Même ma maman avait connu ces odeurs alors qu’elle était élève au lycée durant les années 50 »

Y avait-il des enseignements d’explorations ou des options ?
« Non, les enseignements d’explorations n’existaient pas.  Tout le monde faisait SES en seconde générale mais il y avait quand même des options comme le latin, l’espagnol LV3 etc… »

Le bâtiment scientifique existait-il déjà ?
« Il existait mais n’était pas fait de la même façon car au rez-de-chaussée il y avait deux préaux,  deux blocs WC et un foyer élève.  Il a été rénové il y a 10-15 ans. »

Votre métier est-il en rapport avec les études que vous avez faites ?
« Oui, j’ai toujours voulu travailler dans un lycée donc j’ai passé l’examen pour devenir CPE. Ça me plait car on travaille toute notre vie avec des jeunes,  donc on est au courant de toutes les nouveautés. »

Anecdotes :
« Comme les internes ne pouvaient pas sortir du lycée, ils avaient reproduit les clés de l’établissement  pour pouvoir sortir.
A ma rentrée au lycée, on avait un prof d’anglais qui avait une toute petite voix et il était tout petit. On pensait qu’il était assis derrière le bureau mais il était debout.
Certaines  classes cachaient des antisèches dans des trous qu’ils y avaient dans les murs pour les contrôles de maths.
Le CDI était à la place du foyer et on n’avait jamais le droit d’y aller pour faire ses devoirs ou lire un livre. C’était seulement pour faire des recherches documentaires.
Il y avait un club de théâtre, de danse etc… A la fin de l’année, il y avait un spectacle dans le lycée. »


Colle Thomas et Simmonet Luc
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Interview de Michel Bernardin :


Michel Bernardin élève de 1953-1960.

Est-ce que le lycée vous plaisait ?

«  Je ne me posais pas la question.  C’était dur de se soumettre à l’internat et de quitter la vie de famille mais cela me plaisait car on faisait toute notre scolarité ici et on se faisait des copains. L’internat a marqué ma vie avec de bons souvenirs. »

Où habitiez-vous ?

« J’habitais près de Gueugnon dans un p’tit patelin qui s’appelle  Vendenesse sur Arroux. J’ai d’ailleurs écrit un livre qui a pour couverture la gare de Vendenesse. »

Quand et par quel moyen rentriez-vous chez vous ?

« On rentrait fin octobre à la Toussaint. Les trajets étaient compliqués pour rentrer. On prenait un train d’Autun à Etang et un car d’ Etang jusqu’à deux Kms de chez moi et je rentrais chez moi à pied. Un jour, j’ai demandé à mon surveillant général si je pouvais faire de l’autostop pour rentrer. Il m’a passé une engueulade mais j’ai quand même fait mon autostop. »

Où était l’internat ?

« L’internat était à l’intérieur de l’enceinte au deuxième étage et au troisième des salles de théâtre, de télé qui étaient sous les toits. Il n’y avait pas du tout le confort de maintenant, donc par exemple les premières années, il n’y avait pas le chauffage central et au dortoir l’hiver ça gelait. Dans les salles de classe c’était des petits poêles cylindriques qui étaient alimenté par des buches. Avec notre professeur de français-latin qui était très frileuse, on faisait en sorte que le poêle soit éteint quand on arrivait en classe pour aller chercher du bois qui était dans les sous sols. »

Quelle était vos conditions de vie ?

« Au niveau du confort, nous n’avions que des lavabos communs un peu comme des abreuvoirs. Nous avions une sortie tous les quinze jours pour aller aux douches municipales, sinon on se lavait au lavabo. »

Quel diplôme avez-vous eu?

« En terminale, j’ai fait une classe maths élem qui est l’équivalent d’un bac S. Après, j’ai fait une classe préparatoire à Clermont Ferrant et puis j’ai intégré une école d’ingénieur à Grenoble en chimie et électro métallurgie. »

Aviez- vous le droit de sortir ?

« La journée de repos était le jeudi d’où l’expression la semaine des quatre jeudis. On nous proposait des promenades, des séances de cinéclub et des matchs avec l’association sportive. Puis on a eu des autorisations de sortie après le repas jusqu’à 17h. »

A quels jeux jouiez-vous ?

« On faisait beaucoup de partie de foot et de handball dans la cour. »

Connaissiez-vous déjà des personnes avant d’entrer à l’internat ?

« Non non je ne connaissais personne. Mais il y avait mon frère qui était prêtre, qui y avait donné des cours de religion. Donc mon frère était au courant de toutes mes petites bêtises. »

Quelles étaient vos matières préférées ?

« J’aimais bien l’histoire géographie, le français mais je n’étais pas doué pour le dessin, le chant et la musique. »

Avez-vous eu une petite amie ?

« Oui mais ça n’a pas répondu à mes attentes. Un garçon du lycée militaire m’a fait concurrence. Ces gars de l’école militaire nous piquaient toutes nos filles…. »


Marie Colleville et Marie Jeannin
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Interview André STRASBERG
 

         Mr STRASBERG (65 ans) est aujourd’hui à la retraite mais était conservateur du patrimoine. Le conservateur du patrimoine étudie, classe, conserve, entretient et met en valeur œuvres d'art, archives, monuments... avec un objectif : transmettre aux générations futures.

Quel âge aviez-vous lors de votre première rentrée au lycée ?

  Je suis rentré au lycée en 1958 à l’âge de six ans.

Combien de temps êtes-vous resté  dans le lycée ?

   Je suis resté douze ans au lycée.

Avez-vous des bons souvenirs du lycée ?

          Les souvenirs sont  « globalement mitigés » et il n’y a pas « d’enthousiasme débordant ». J’ai beaucoup de souvenirs d‘excellents professeurs comme Mr Desbois            (professeur de français),Mlle Bouhéret (latin, grec) et Mme Colin (histoire-géographie).J’ai également d’excellents souvenirs de camaraderie.

Est-ce que vous avez vécu des moments difficiles pendant votre scolarité ?

         J’ai connu une période pour le moins perturbée en mai 1968.Parce que naturellement j’étais en seconde à ce moment là .Le cadre était un peu surréaliste parce que le lycée était en travaux et nous étions dans des salles qui étaient  semi-apocalyptiques. Une partie des cours avait lieu dans des locaux paroissiaux ordinairement utilisés par les scouts (derrière l'église Notre-Dame). Ainsi des élèves sont arrivés en cours, déguisés avec les ornements liturgiques récupérés dans une armoire voisine. Ca a été assez folklorique              cette année-là.

En quelle année avez-vous passé le baccalauréat ?

          J’ai passé le bac en 1970. Pour vous donner un exemple, quand j’ai passé le bac, nous étions à peu près une douzaine a avoir une mention (deux mentions bien, huit ou neuf mentions assez bien )


Quand vous étiez au lycée, y avait-il des téléphones portables ?

         Non, ça n’existait pas, j’ai eu mon premier téléphone portable en 2003.

Quelle réputation avait le lycée Bonaparte à cette époque ? 

         Il avait une réputation moyenne ; En ce qui concerne les résultats au baccalauréat vous aviez, pour le centre d'écrits d'Autun, en tête le lycée militaire, puis le lycée Bonaparte, puis celui de Montceau, celui du Creusot et enfin le lycée Saint-Lazare. A l'échelon du département c'était un lycée entre moyen et bon.

Comment alliez vous au lycée ?

         Je m'y rendais à pied mais beaucoup d'élèves y allaient en bus car ils habitaient  dans les villages voisins. Ils étaient alors demi-pensionnaires.

Y avait-il une cantine au lycée ?

         Oui, naturellement, il y avait une cantine. Le réfectoire occupait le rez-de-chaussée de l'aile partant du grand escalier en direction de la rue Bulliot.

Y avait-il un internat ?

         Oui il y avait un internat, il était dans le lycée. On y trouvait, au deuxième étage, le dortoir des garçons dans lequel dormaient, dans des lits au touche-à-touche des élèves de la sixième à la terminale.

Depuis quand l'établissement est devenu uniquement un lycée ?

En 1963 l'école primaire a disparu, remplacée par l'école du Parc. Le collège a, lui, cédé la place au collège de la Châtaigneraie en 1975.

         Y avait-il des uniformes obligatoires pour les élèves ?

         Il y en avait au XIX ème siècle mais pas à mon époque.

Est ce que les filles et les garçons étaient séparés ?

Non, sauf pour les cours d'éducation physique où les filles ...

         Aviez-vous le droit de fumer ?

         Non, les élèves ne pouvait pas fumer dans l'établissement mais certains professeurs fumaient pendant leurs cours.

Partiez- vous souvent en sortie scolaire ?

         Non. Les premières sorties remontent, dans mon souvenir, à 1967, avec, cette année-là, un échange entre les élèves des lycées d'Autun et ceux de celui d'Ingelheim, notre ville jumelle allemande.

 

Interview réalisé par Antoine Berthault, Martin Darley et Fabio Raab, élève allemand ( programme Voltaire)
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 Interview de Monsieur Philippe CHAPEY


Philippe Chapey, 47 ans est aujourd'hui policier à Dijon.

Quel est votre nom et quel âge avez vous ?
Je suis Philippe Chapey et j'ai 47 ans.
En quelle année êtes vous rentré au lycée ?
Je suis rentré au lycée Bonaparte en 1988, en classe de première.
J'avais choisi de passer un Bac G, qui était un bac technologique essentiellement orienté vers la gestion, la comptabilité et les techniques commerciales et je suis resté deux ans dans ce bel établissement.
Étiez vous heureux au lycée Bonaparte ?
Oui, absolument, dans ce lycée, j'y ai passé deux de mes plus belles années de ma vie. A cette époque, je rentrais doucement dans ma vie d'adulte et je venais d'obtenir mon permis de conduire ce qui avait pour effet de me procurer une certaine autonomie et une très grande liberté pour, entre autre, me promener les week end avec mes camarades de lycée. Et, surtout, dans ce lycée , j'y ai réalisé de merveilleuses rencontres, des copains et des amis que je fréquente encore actuellement. Encore aujourd'hui, je garde un souvenir ému et impérissable de tous ces moments de camaraderie et de joie passés entre lycéens et lycéennes.
Y a-t-il certaines choses qui ont changé depuis votre époque ?
Oui, c'est certain. En revenant dans ces murs après 27 ans d'absence, la première chose que j'ai remarqué, est que les grands tableaux de style impressionniste des 19éme et 20éme siècle qui ornaient les montées d'escaliers et certains couloirs, à mon grand regret, avaient été retirés. Les bâtiments préfabriqués qui étaient présents dans la cour intérieure et dans lesquels nous avions parfois cour ne sont plus là et certains appartements servant au proviseur ou au  senseur ont été transformés en bureaux administratif. Cependant l'aspect extérieur et le charme authentique, émouvant et suranné de ce bel établissement sont toujours présents.
Est-ce que les professeurs étaient stricts ?
Dans mon souvenir, les professeurs que nous avions étaient rigoureux, exigeants et demandaient aux élèves une certaine somme de travail, ce qui était bien normal et compréhensible. Cependant, les lycéens de ma génération étaient de jeunes gens disciplinés qui avaient le sens du travail et reçu une certaine éducation répondant à la rigueur de nos professeurs. Par ailleurs, à certains moments, notre jeunesse et notre insouciance nous conduisaient à outrepasser certaines règles intérieures du lycée mais toujours dans des limites raisonnables ....
Avez vous des anecdotes par rapport à votre passage au lycée ?
Oui, j'ai effectivement une petite anecdote à vous avouer. Cela devait se dérouler  au mois de mai ou juin 1990. Un jour, à 14 heures, à la reprise des cours après le déjeuner, j'étais monté au deuxième étage dans notre salle de cour et j'ai dû ouvrir une fenêtre pour aérer cette salle. Voyant mes camarades qui se situaient en contre bas dans la cour, l'idée m'a pris de les interpeller en imitant Jacques CHIRAC par la voix et par les gestes en levant les bras et en faisant des « V » avec mes doigts. Je dois vous avouer que j'ai eu mon petit sucées puisque 300 à 400 élèves qui se situaient dans cette cour m'ont adressé quelques « bravos » et quelques sifflements. En revanche, à la fin de cette heure de cour, à ma grande surprise, un surveillant m'attendait de pied ferme dans le couloir et s'adressant à moi, me dis : « suis moi » !! Ce surveillant me conduisit tout droit au bureau de la conseillère principale d'éducation à qui j'ai dû m' expliquer au sujet de ma piètre imitation de Jacques CHIRAC....
Avez vous eu votre Bac ?
Oui, absolument, je suis resté deux ans dans ce bel établissement pour obtenir mon Bac en juin 1990.
Est-ce que votre Bac vous a aidé pour votre avenir professionnel ?
Pas vraiment. Le Bac en poche, je suis parti à Nevers afin de faire un BTS de gestion comptabilité puis après avoir exercé quelques années dans cette voie j'ai décidé de l'abandonner pour me diriger vers un tout autre univers.

        Maxime BERTHAULT  et  Eliott TACNET
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Interview  Mme Valérie Scalin (au lycée de  1989 à 1991)
Quel est votre ressenti par rapport au lycée 
« Une belle image ! Je n’oublie pas mes années au lycée ! En plus j’étais interne. »
Justement quelle était l’ambiance de l’internat ?
« Au début, c’était dur parce que j’habitais loin donc je ne rentrais que les vendredis soir mais en fin de compte être interne, c’est bien aussi parce que l’on forme une petite équipe  et puis on était soudé .Une très bonne ambiance, on s’aidait les unes les autres quand le soir il fallait faire les devoirs, réviser les leçons, etc … On avait le droit de regarder la télévision si on s’inscrivait. »
Est-ce que vous avez revu des camarades du lycée ?
« Non, sauf Philippe CHAPEY que j’ai croisé par hasard il y a un mois dans les rues de Dijon . Cependant je n’ai revu personne d’autre. »
Etiez- vous bonne élève ?
« Moyenne. »
Quel est votre parcours dans la vie professionnelle ?
« J’ai fait un BAC G3 donc dans le commerce. Après j’ai fais une formation, je me suis mise dans le tourisme. Ensuite j’ai travaillé  au musée Rolin puis dix ans au musée de Bibracte, où j’ai fais une formation interne, j’ai fais des visites guidées, j’étais à l’accueil du musée. Et après j’ai travaillé en tant que vendeuse, actuellement je suis en train  de créer ma boite. »  
Est-ce que vous faisiez des bêtises à l’internat ?
« Alors, non !  Même si parfois il y avait quelques rigolades pas spécialement trop dures. Les mercredis après-midi, on sortait un peu, on se baladait en ville, à la bibliothèque. On se rejoignait là-bas. La bibliothèque d’Autun était un très grand soutien dans tous les domaines. »
Est-ce que le fait d’être interne aide à être responsable ?
« Oui, voilà on a quand même mûri et on s’est responsabilisé. »
Qu’est ce qui a changé au lycée ?
« Non , parce que ma fille était dans ce lycée et rien n’a changé. Il y a une bonne éducation, un bon niveau scolaire, quand ils sortent du Lycée Bonaparte. Et c’est vrai que le Lycée Bonaparte est réputé pour la réussite. »
Par Alaïs ALEXANDRE et Chloé DESVIGNES-AUBIN
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Interview de Corinne Fléty
 

 Corinne Flety, 45 ans est une ancienne élève du lycée Bonaparte. Elle est secrétaire de direction du lycée Bonaparte : elle est chargée des papiers d’administration des élèves et des professeurs . Elle a été au lycée de 1987 à 1990.

*Pouvez-vous nous indiquer les différences de fonctionnement du lycée ?

« Les horaires de cours (8h00-18h00) étaient les mêmes qu’aujourd’hui, mais il y avait cours le samedi matin en plus du mercredi matin. Il y avait autant de salles de cours que maintenant, il y a juste quelques salles qui ont été dispatchées autrement. Le bâtiment scientifique était déjà existant, mais il a été rénové depuis. L’actuelle salle des professeurs était la cantine ; le foyer était le CDI et le bureau des surveillants et CPE était l’infirmerie. D’ailleurs son ancienne CPE était Mme Maglica, la mère de la CPE actuelle. L’internat était au troisième étage et dans les actuels appartements de fonction de la direction. ».
Les salles 101 à 107 n’ont pas changé (même à l’époque où ma mère était élève à Bonaparte, ces salles étaient pareilles). A mon époque, les salles du deuxième étage, n’étaient pas du tout rénovées, elles étaient dans le même état que les salles du premier étage. A l’époque, les fenêtres étaient de vieilles fenêtres en bois (ce qui fait que durant l’hiver, il faisait très froid) ».

*Y-avait-il le même nombre de classes ?

« A mon époque, il y avait 12 classes de seconde (environ 1000 élèves), uniquement dans le pôle général (le pôle technologique n’était pas attaché au pôle général). Il y avait à peu près le même nombre de classes en première et en terminale. Concernant les bacs, ils n’étaient pas appelés L, ES, S comme maintenant : c’étaient des bacs allant de A , B, C, D et G (chaque lettre ayant une particularité différente des autres).  J’ai  fait un bac D qui correspond à la TS SVT- spécialité SVT ».

*Le bac était-il plus difficile que maintenant ?
 « Les élèves d’avant étaient moins bien encadrés : et aidés :  il n’y avait ni de soutien ni d’accompagnement personnalisé. On les laissait en autonomie dès la seconde. Pour atteindre le bac le plus difficile à obtenir (Bac C), il y avait une sélection dure (sur 12 classes de seconde d’environ 35 élèves par classe), seulement une classe réussissait à passer ce bac difficile . Avant, il n’y avait pas de possibilité de se réorienter en bac professionnel.
Les élèves étaient peu informés sur les différentes possibilités de bac technologique ; Il n’y avait pas de bac technologique à Autun (mais il y en avait au Creusot) contrairement à aujourd’hui où on a plus de choix ».

*Avez-vous apprécié vos années lycée ?
« J’ai beaucoup apprécié mes années de lycée, j’en garde un très bon souvenir, même si les bâtiments étaient très délabrés. Ma matière préférée était les mathématiques (j’aimais tout ce qui était en rapport avec les sciences), et la matière que j’aimais le moins était l’Allemand. Mon bac m’a été bénéfique pour mes études supérieures. Cela m’a permis de continuer dans la Géologie après (j’ai un bac +4 dans ce domaine) ».

*Le règlement intérieur était-il le même ?
« Les élèves avaient le droit de fumer dans la cour de l’établissement. Le téléphone portable, par contre, n’existait pas encore ; donc pour téléphoner, notamment pour les internes, il existait des téléphones fixes (type cabine téléphonique) qui fonctionnaient avec des cartes. Aucuns de mes professeurs n’est encore présent dans le lycée à ce jour. Si je pouvais revivre mes années de lycée, je le referais car j’en garde un excellent souvenir.
Le règlement était très strict avant. Maintenant,  les élèves sont assez encadrés par les professeurs ; avant, dès la rentrée en 2nde, il fallait être autonome. Il n'y avait pas de conseillère d'orientation au lycée (pour la voir, il fallait obligatoirement se rendre au CIO), ni d'enseignement d'exploration, ni d'aide personnalisée. Il y avait une réelle distance entre les élèves et les professeurs par rapport à maintenant.
 Quand je suis revenue en tant que secrétaire au lycée, je l'ai évidement trouvé changé (agencement différent, eau dans la fontaine dans la cour d'honneur). Les élèves avaient déjà le droit de sortir du lycée entre les cours. Il y a beaucoup moins d'élèves qu'avant !
La plupart des activités extrascolaires organisée par le lycée était essentiellement réservées aux internes mais il y avait des clubs entre midi et deux. Concernant l'EPS, ce n'était pas les mêmes activités :

SPORTS AVANT
SPORTS MAINTENANT
Course
Course
Lutte
Badminton
Cycle piscine
Cycle piscine
Gymnastique / Agrès
Step
Athlétisme (javelot/poids/sauts, etc..)
Acrosport

        Aussi, les filles et les garçons étaient séparés et avaient une grille d'évaluation différente.

Réalisé par Amélie KIEFFER et Nora EL RHAYTI
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Interview de M. Gilbert Favelier.

* En quelle année étiez vous dans le lycée ?

« De 1955 à 1963 en tant qu’élève et de 2005 à 2009  en tant que proviseur : je suis à l’origine des rénovations. »

 On vous en remercie beaucoup.
* Est-ce que vous fréquentiez l’établissement  du collège au lycée ?
« Oui car c’était un collège municipal puisque avant la naissance des lycées au sens de la rénovation de la structure éducative, ces établissement étaient des collèges municipaux. Il y avait  un principal parce que c’était un collège : il s‘appelait Mr Blanchet et j’ai commencé en CE2 dans le collège qui accueillait des classes de la maternelle à la terminale pour mémoire .J’ai fait jusqu'à la seconde et je me suis  arrêté là parce que je suis parti pour Mâcon. J’avais arrêté le latin  en 4 ème pour faire de l’allemand lv2 .On pouvait choisir classique (Humanité littéraire), moderne (2 langues), moderne prime (sciences mais pas de  lv2). En seconde j’ai quitté l’établissement pour aller à l’école normale de Macon pour être instituteur, j’ai passé le concours des instituteurs par la suite ».
*Quel était votre statut (DP, externe, interne ou autre ?) :
« J’étais Externe surveillé qui était un statut particulier : mon était père instit au lycée d’Autun ( instit de cm2 puis prof science nat en 4eme) donc vu que j’étais polisson mon père m’avait fait externe surveillé ( externe mais doit être présent dés la  première heure puis  repart pour manger pour revenir à la première heure de l’après-midi et part à 19h avant le repas des internes). J’avais  2 statut interne et externe ce qui me permettait de faire les polissonneries des deux. J’ai connu une époque plus folklorique qu’aujourd’hui à cette époque le lycée était tel que vous voyez encore la partie non rénovée à cette époque :  il y avait une chapelle avec un aumônier attitré au collège et qui faisait le catéchisme non obligatoire (coutume locale : petit et grand séminaire et armée à Autun).  J’avais une scolarité des plus normale.
L’établissement manquait de couleurs, les professeurs n’avaient pas le look de maintenant, le prof musique se promenait avec son chapeau melon col droit et guêtre par-dessus ces chaussures demi redingote pantalon rayé gris et noir, le pauvre garçon mais intelligent était incapable de tenir une classe, on passait notre temps à pousser son chapeau avec des élastiques et des boulettes de papier derrière le piano. Il était myope comme une taupe et ne se retournait pas il avait trop peur d’affronter la classe : c’était le «  foutoir « ambiant tout le temps  par contre d’autres profs étaient moins commodes par exemple le prof lettres et de maths il ne fallait pas les amuser avec des travaux non faits,  ça ne durait pas longtemps ».
*Avez-vous des souvenirs marquants ? 
« J’ai beaucoup de bons souvenirs, on était  insouciants, on ne se rend pas compte des risques qu’on prenait. Le lycée était ouvert au grand vent on pouvait passer partout :
La salle de dessin au 3e  étage , c’est moi qui l’ai reconstituée, avant il y avait des grandes verrières dans le toit avec  des tables de marbres mais la partie du 2e étage c’était des combles et quand on voulait s’enfuir ,on rentrait dans les combles  et on descendait par l’autre bout du 1er escalier. Polissonneries on en a fait quelques unes !!
Le CDI : c’était la permanence le petit portillon qui donnait à l’arrière, c'était un placard et dedans il y avait un trou dans le mur donc en permanence on passait dedans après l’appel, on passait dans l’escalier et on accédait à notre dame par les portes qui sont maintenant condamnées et on sortait au champ et on allait jouer au flipper dans le bistrot d’à coté et on revenait pour la sonnerie. 
On avait un surveillant général (CPE) corse avec pardessus du 1er janvier au 31 décembre : tout le temps froid, il habitait dans une des salles actuelles d’informatique au 1er et son bureau c’est le local info du réez de chaussée, Zervudaki lisait le journal mais le matin il était gentil et après le soir il roulait le journal comme une matraque ce qui faisait que si on le croisait en dehors des clous on se ramassait un coup de journal derrière les oreilles ce qui valait largement le bâton d’un sergent de ville . C’était MANU MILITARI.  Zervudaki connaissait tous les emplois du temps et si on sortait au mauvais moment… il passait sa vie dans les couloirs entre le grand portail et le 1er étage ; il repérait les 3 couloirs donc on se faisait sérieusement avoir ; pas toujours tendre ».
*Y a-t-il  beaucoup  de différences de fonctionnement ?
« Ce sont deux mondes et deux histoires qui n’ont rien à voir l'une avec l’autre . L’internat était indispensable parce que tous ceux qui habitaient le Morvan venaient au Bonaparte : l’internat c’était  au 2e étage avec salle neuve pour les gars, le  3e étage où il y a les archives c’étaient les filles de terminale et les petites étaient au 2e étage où il y a les salles neuves que j’ai  reconstituées en tant que proviseur et j’ai aussi bougé l’internat là haut au pôle pro parce qu’ avant il y avait 3 internats ici et 3 là haut . En tant qu’élèves on n’avait pas de liens avec le pole pro. Au collège il fallait passer un exam pour entrer en 6e. ».
*Le niveau était-il meilleur ?
« Non, avec une autre organisation du système certes. A l’époque tout le monde ne passait pas au collège mais ceux qui y passaient avait 90 pourcent de chances de bien réussir avec des résultats post bac. Aujourd’hui, c’est pareil mais pas tout à fait dans le même tri ».
*Comment était le comportement des élèves ?  y avait-il des tenues imposées ?
« Il n’y avait pas de tenues  imposées mais tenue correcte était exigée avec cravate donc pas aussi libre que maintenant. Pas d’uniforme mais tenue bien habillée : les filles étaient en jupe et bas et les gars pantalon long depuis 6».     
*Etait-ce autorisé de fumer?

« Ça n’existait pas. Le principe même de fumer à part les polissonneries comme fumer dans les toilettes était interdit : C’était une vue de l’esprit ».
*Et si c’était à refaire ?
« Je ne changerais pas bien grand-chose : je me suis bien amusé, les profs étaient sévères mais on le savait donc on faisait attention de ne pas se faire ramasser donc c’était plutôt sympa. On ne faisait pas n’importe quoi avec n’importe qui.
J’ai un souvenir mémorable avec M. Goupil : c’était un timide né il avait peur d’une mouche et ne regardait pas ses élèves. C’était le prof de sciences Nat qui travaillait au premier étage. Il avait une salle en amphi avec des planches. Quand il traversait la cour, sa classe de seconde le suivait en ondulant parce qu’on supposait qu’il était renard d’origine M Goupil.
Je vous raconterais pas l’époque où j'ai démonté toutes tables de l’amphithéâtre avec mes petits camarades. Dans l’amphi, on avait des tables fixées sur les marches et j’ai dit a mes copains de faire une blague au prof « Vous amenez tous un tournevis et on dévisse tous les 4 vis au coin des tables et quand on va se lever on va pousser tout les plateaux et ils vont tomber.» Ce qui fut dit, fut fait et c’est tombé aux pieds du prof. Zervudaki passant dans le couloir, voit les armatures des tables mais plus les plateaux dessus évidemment il fallait se dénoncer et je l’ai fait vu que j’étais l’instigateur donc j’assumais mes responsabilités et heureusement pour moi que mon père était prof au lycée sinon j’aurai été renvoyé, j’avais du prendre 10h de colle le samedi après midi. C’était soft parce que quand on prenait 4h de colle on faisait de 2 à 6 au lycée le samedi après-midi. ça occupait pas mal son monde parce qu’à l’époque on ne travaillait pas le mercredi matin mais le samedi matin et les horaires étaient décalés donc on bossait un peu les mercredis matins et souvent les samedis. Donc les weekends end étaient beaucoup plus courts. Vous voyez les bêtises que j’ai faites quand j’étais potache ».

Merci beaucoup c’était très intéressant, c'est gentil d’avoir répondu : et bien à votre disposition.
Douard Ludivine et Bordalo Eléa
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Interview de Mme Thibaudet-Bourgeois Isabelle

Etiez -vous externe ou interne ?

 « Moi, j’habitais à Dracy les  Couches. J’étais élève entre 1986 et 1989 comme Sophie Maglica qui est l’ actuelle CPE et comme je devais faire une heure de trajet en bus le matin et une heure le soir, j’étais interne. L’internat n’était pas du tout où il est à l’heure actuelle, il était au 3e étage, ce qu’on appelait le D3 pour les secondes. En 1ere et en Terminale, il était rue Bulliot en face du lycée. C’était très miteux, l’internat s’écroulait à moitié et il y avait des espèces de poteaux qui tenaient les plafonds pour pas que ça s’écroule. La façon de vie de l’internat m’a prédisposée dans ma façon de me laver…. parce qu’il y avait tres peu de douches vu le nombre de filles du style 5douches pour 50 donc c’étaient les plus rapides qui avaient les première douches , donc on courait dans les escaliers pour arriver dans les 5 premières devant la porte et dès que c’était ouvert, on courait à la douche  et les suivantes n’avaient plus d’eau chaude. Il y avait de nouveau de l’eau chaude le matin, donc celles qui se levaient le plus tôt  pouvaient se doucher à l’eau chaude.. ».

C’était tres différents .Le « D3 » est maintenant une salle d’archives où on met tous les dossiers des élèves et tous les papiers du lycée. Il y a encore les lavabos, l’emplacement des douches, c'est tout miteux, tout cassé. En fait, il y avait une salle pour se laver, après il y avait une salle pour travailler et après il y avait un rideau qui séparait la partie travail de la partie dortoir. On était 30 les unes à coté des autres, il y’avait juste un bout de bois qui nous séparait et qui faisait armoire donc ce n’était pas des chambres de 4 !.. C’était vraiment des grands dortoirs. Ce n’est pas comme à l’heure actuelle, je crois que ,c est des chambres de 3 ou 4, ça n’a rien à voir ».

Est-ce que c’était le même self ?
« Alors il n’était pas au même endroit, il était à l’actuelle salle des profs au niveau du CDI, il était sur place. Par contre en étant interne, c’était relativement mortel parce que tout se définissait sur le premier soir : quand on arrivait, qu’on ne connaissait personne, on complétait les tables. Moi je me suis retrouvée les soirs à manger pendant toute l’année avec 7 garçons en terminale. Les plats étaient posés sur les tables et quand ils arrivaient à moi, ils étaient vides. Je ne parlais pas du tout donc c’était l’horreur tous les soirs.

Et c’est pareil, la gym n’était pas du tout  au même endroit : le gymnase n’existait pas. Vous avez l’habitude de prendre l’escalier qui monte vers les salles mais il y en a qui descend et les salles de gym  étaient en bas. Je me souviens, la gym c’était un cauchemar : j’étais bonne partout sauf en gym.  J'ai eu mention très bien au bac. C’était un cauchemar, dès qu’il y avait gym je ne dormais pas la veille. Et quand on faisait cheval d’arçon, comme c’est une salle  qui était en contre bas, une espèce de cave, et qu’il n’y avait aucun recul et qu’il fallait prendre de l’élan pour sauter, on était obligé de courir dans les escaliers  en manquant de se casser la figure. Alors moi, je n’ai jamais réussi à le sauter, je n’ ai jamais voulu franchir l’obstacle…. On faisait de la corde, les agrès c’était un cauchemar. Ça n’existe plus. Le gymnase du Bourgogne n’existait pas mais on allait au Stade St Roch .A l’époque il y avait une note de motivation  qui était sur 5 pts sur 20 donc si on trimbalait les ballons, qu’on montrait de la motivation on avait 5 sur 5. Donc pour ne pas avoir une trop mauvaise note au bac je portais tous les ballons. Et j’ai réussi à avoir 11 au bac parce qu’il y avait aussi une note d’écrit, on avait des cours  théorique  en gym : on avait pleins de trucs  apprendre !!
Est-ce  que les cours portaient sur les muscles ?
« Oui sur les muscles, on avait des pages et des pages à apprendre et on avait une interro écrite  sur 5 pts au bac. Donc j’ai eu 5 pour les ballons, 5 pour l’écrit et c’était en 4 fois 5 notes : j’ai du avoir 1 sur le reste. Chaque fois que je faisais une épreuve j’étais hors barème ; j’avais moins que 0, moins que la note minimale. ».

Et pour les horaires ?
«  Le mercredi on restait là, l’étude était là et en fait on s’ennuyait donc on allait à la bibliothèque travailler. Et on allait systématiquement pour se remonter le moral s’acheter un gâteau au chocolat chez Theuret qui existait déjà ».

Vous étiez une élève sage ou polissonne ?
« J’étais très sage, sage comme une image, très travailleuse ».

Vous étiez sage parce que vous aviez peur de la réaction de vos parents ? 
« Non parce que j’étais de nature sage ».

Quels sont vos meilleurs souvenirs du lycée ?
 « Ma mention très bien au bac ».

Est-ce que vous avez quelques anecdotes au sujet de l’internat ?
« Oui, à l’internat on ne faisait pas trop les andouilles parce que la CPE de l’époque, qui était la mère de Sophie Maglica (CPE actuelle, Elles sont CPE de mère en fille…), était très très juste mais très sévère  donc on en avait vraiment la trouille. Quand on faisait un quart d’heure de folie en fin de semaine  à faire des batailles de polochons, comme on la repérait de loin du 3e étage, quand on l’entendait dans l’escalier, on rangeait tout ce qu’on avait détruit et quand elle arrivait, on était sage comme des images.  Si elle nous prenait sur le fait, on prenait cher. .. ».

C’étai quoi comme punition ?
« C’était des heures de retenues sauf qu’elles n’étaient pas sur les heures d’étude, on les faisait les mercredis après midi ».

Est-ce que vous travailliez le samedi matin ? 
« Non ».
Quelles sont les plus grosses différences que vous avez pu remarquer entre l’époque où vous étiez élève et maintenant que vous êtes prof ? 
« Je pense que l’on avait moins de liberté, le portable n’existait pas. Donc il y avait une cabine qui était à la loge, une seule pour tout le lycée, une cabine à pièce puis après en télécarte, on étais je ne sais combien à attendre la cabine : tous les internes voulaient appeler leurs parents le soir donc on faisait la queue pendant notre heure de liberté après manger ».

Est ce que vous trouvez que le contenu des cours a énormément changé ?  Oui, énormément changé, pas trop en physique mais dans les autres matières, notamment en SVT. Maintenant  quand je regarde les épreuves  de bac, je regarde tout le temps les sujets. Comme j’étais bonne partout et que je voulais être prof, j’ai hésité  entre la svt, l’allemand, la physique, les maths. Maintenant, quand je regarde les sujets du bac, je ne comprends rien, je serais incapable de répondre (tant ça à changer). Par contre je trouve que l’on avait un très très bon niveau de langues et je suis encore capable de faire un sujet d’anglais ou un sujet d’allemand sans problème. ».

Est-ce que la classe Sciences et Patrimoine existait déjà ?
« Alors non, elle a été crée il y a 5 ans seulement ».

A-t-elle été crée par le proviseur actuel ou le précédent ?
« Non elle a été crée par le rectorat qui a proposé de l’ouvrir à Autun. Autun  a été choisi pour la richesse de son patrimoine et parce que c’est une ville qui présente  de nombreuses sorties à pied. Ils auraient certainement pu faire cela à Cluny, à Dijon. Il y a un collège de Dijon qui a eu une classe comme  SP mais elle a fermé ».

Donc notre classe est la seule au niveau national ?
 Oui.

On a de la chance
« La proviseure adjointe à l’époque a demandé une équipe de volontaires car ça demandait de refaire ses cours tous les ans, de travailler autour d’un thème à chaque fois et il fallait  quelqu’un pour chapeauter la classe. Et donc voila ;  je suis la responsable.  C’est un véritable plaisir mais ça prend énormément de temps  donc il faut avoir la foi.  J’adore ça ! Je m’ennuierai sans la classe Sciences et Patrimoine !  Avant, j’avais du temps libre maintenant je n’en ai plus.  Je ne m’ennuie plus…. ».

Est-ce qu’il y a des visites qui reviennent chaque année ?
« La visite au musée Rolin , mais le thème change à chaque fois, elle  est adaptée au thème que l’on étudie. Donc là on fera une visite en novembre sur des choses autour du thème de l’enfance.

Trop bien.
« Pendant plusieurs années de suite, on est allé à Cluny mais l’année dernière on a changé, on est allé à Lyon.

Est-ce que vous auriez aimé que la classe Sciences et Patrimoine existe quand vous étiez élève ?
« Je pense que j’aurais aimé car j’adorais l’Histoire ».

Douard Ludivine et Bordalo Eléa
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Interview de Mme. Combier :


Quand étiez-vous au lycée ?
« J’ai intégré le lycée en seconde et y suis restée de 1960 à 1962. A cette époque, les filles allaient généralement de la 6ème à la 3ème au cours complémentaire et pouvaient intégrer le lycée en seconde M’ ».

Quels changements y-avait-il par rapport à maintenant ?
« Pour entrer en 6ème, que ce soit au lycée ou au cours complémentaire, il fallait passer obligatoirement et réussir un examen d’entrée en 6ème. Au cours complémentaire, on avait physique-chimie à partir de la 4ème°à la place de la 2ème langue .On rentrait en seconde au lycée sur dossier ou en passant un examen organisé par le lycée.

En terminale, il n’y avait que 3 sections : Philo, Sciences Ex et Math Elm.J’ai un souvenir mémorable de notre choix d’orientation. Dans la cour, devant le préau, il y avait des arbres, le proviseur nous a dit, en désignant un arbre «  Ceux qui veulent faire Philo se mettent là, ceux qui veulent faire ScienceEx se mettent là et ceux qui veulent faire Math Elm. se mettent là  ». Nous nous sommes placés selon notre souhait. C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés 9 en Math Elm. .Nous avions 9 heures de cours de maths par semaine.Pas moyen de sécher un cours.  ! ».

Ce n’était pas trop difficile 9 heures de maths par semaine ?
« Non , quand on aime ça, …. ».

Et cela vous a permis de vous orienter vers quel métier ?
 Je me suis orientée en médecine, ce qui était, sortant de Math Elm, une aberration pour cette époque ! Quand je suis arrivée à Dijon, nous n’étions que 2 à avoir fait Math Elm, parce qu’à l’époque il était encore prisé d’avoir fait   du latin voire du grec avant de faire médecine ; ça a changé en 1975 avec la réforme des études de médecine. Comme je l’ai dit à M. Colin, qui a fait toute sa carrière au lycée comme prof de physique et dont nous étions la première promotion en 1962, je suis allée au bout de mon erreur d’orientation puisque je me suis installée en libéral. Mais comme la médecine clinique m’ennuyait profondément, j’ai fait des formations  complémentaires, entre autres en informatique médicale, et je me suis reconvertie en santé publique ».

Vous étiez interne ou externe ?
« J’étais externe. J’habitais en bas de la ville à St Jean. Comme tous les externes, je rentrais après les cours à midi à la maison pour déjeuner, je revenais au lycée à 14 h et repartais à la fin des cours ».

 Est-ce que  vous rentriez directement après que vous ayez fini vos cours ou est-ce que vous rentriez également à 19h après le repas ?
« On sortait quand on n’avait plus cours en fin de matinée ou en fin d’après-midi.  Même si on était externe, on n’avait pas le droit de sortir dans la matinée ou dans l’après-midi entre les cours. Par exemple, si on avait cours de 8h à 9 h  et  de 11h à 12h, toute sortie à l’intercours était interdite. On devait de rester en permanence de 9h à 11h.».

 Et est-ce que vous faisiez comme Monsieur Favelier : vous sortiez en cachette ? 
« Non. En tant qu’externe on avait pas mal de liberté et nous n’avions aucune de raison de sortir en cachette. Les demi-pensionnaires oui, les internes oui. Le « grand truc » c’était d'aller au Central. Il y avait une petite salle derrière qui nous permettait de ne pas être vus depuis les fenêtres du proviseur qui donnaient directement sur la terrasse du café, ce qui lui permettait de surveiller ce qui s’y passait. .

Il y avait aussi le café Français qui faisait l’angle de la place du Champ (à la place de la banque populaire) et qui était l’endroit où de nombreux jeunes se retrouvaient avec les élèves de l’école Militaire de première et de terminale qui eux n’avaient l’autorisation de sortir que le samedi et le dimanche. Tout le monde se retrouvait en fait au Français qui était un point de ralliement pour les jeunes.

Et vous étiez plutôt élève sérieuse ou élève à faire des bêtises ?
« Je ne faisais pas l’école buissonnière mais j’ai toujours pensé qu’on peut tout faire si on est en tête de classe, parce qu’on ne vire jamais les têtes de classe qui font la réputation des établissements scolaires. En seconde, on était sage, en première on était limite, les affreux jojos - 4 filles et 4 garçons. On a beaucoup ri et on s’est beaucoup amusé. C’était vraiment l’année où on a fait tout et n’importe quoi, enfin tout et n’importe quoi en classe. Un jour d’orage on était tous sous les tables parce qu’on avait soit disant peur de l’orage. C’était ce genre de trucs débiles que nous faisions. Mais on ne le faisait pas avec n’importe quel prof. On pensait que comme nous étions parmi leurs meilleurs atouts pour le bac ils ne nous viraient pas ».

Est-ce que vous avez des souvenirs ou des évènement qui vous ont vraiment marqués , que vous ne pourrez pas oublier, dans le bon ou dans le mauvais sens ? 
« Au lycée, non. »

Que sont devenus vos camarades ?
« Parmi les 4 filles inséparables de première, une seule n’a pas continué ses études. Des deux qui ont fait philo, une est devenue prof agrégée de lettres modernes et a intégré l’inspection académique à Metz, l’autre a été directrice d’école. Moi, je suis devenue médecin. Quant aux garçons je ne sais plus exactement ce qu’ils ont fait, mais disons que tout le monde s’en est bien sorti…. ».

C’était quoi la pire chose que vous ayez faite au lycée ? 
« La pire chose qu’on ait faite au lycée ?… Je pense vraiment que c’est le jour de l’orage où on était tous (30) sous les tables et où on y est resté durant tout l’orage .Le prof n’avait rien pu faire ».

Est-ce qu’il y avait les mêmes disciplines qu’aujourd’hui ? C’est-à-dire ;  est ce que vous aviez des disciplines en plus comme cuisine ? Couture ? Les arts ?
« Non, il y avait juste le dessin .

Et est ce que vous préféreriez être élève maintenant où vous êtes satisfaite d’avoir été élève à votre époque ?
« Non, on a passé des années formidables, et je crois que nous avons été  privilégiés. On ne devait pas être plus de trente par classe en première et en seconde et on était 9 en terminale .C’est le rêve d’avoir un professeur pour neuf élèves. C’était un peu comme des cours particuliers. Les profs connaissaient toutes nos lacunes. ».

C’est comme nous maintenant en Allemand, nous ne sommes pas en classe entière, on est seize et le professeur peut cibler les difficultés et les niveaux de chacun ! C’est ça !
« Il y a une chose très drôle. Sans avoir quitté Autun, j’ai passé mon premier bac dans l’Académie de Lyon et mon deuxième dans l'Académie de Dijon, car c’était l’année où cette Académie a été créée. Mais les décideurs avaient oublié de prévoir des profs en conséquence pour corriger nos copies du bac. Les profs de l’académie de Lyon, qui n’étaient pas content de cette réforme, ont refusé de corriger les copies de l’Académie de Dijon. De ce fait, nous avons eu les résultats du bac bien après le reste de la France. ».

Est-ce que vous avez d’autres anecdotes ou événements marquants sur le lycée ?
« Comme nous arrivions du cours complémentaire et que nous avions fait physique –chimie depuis la 4ème à la place de la 2ème langue, en seconde et première M’, on avait sciences naturelles en remplacement de la 2ème langue. Pour faire des études de la faune et la flore des milieux naturels le prof de Science organisait des sorties hors du lycée. On partait avec les filets à papillons, les épuisettes et on descendait pécher les lentilles d’eau dans le Ternin ou herboriser sur les remparts. On demandait «  Monsieur on va se promener ? » et il nous répondait « Non, on va herboriser »

Et pour ceux qui pouvaient prendre des langues à part le latin et le grec il y avait quelles langues ?
« Il y avait l’Espagnol, l’Anglais  et l’Allemand

Où faisiez vous du sport ?
« Concernant le sport qui était obligatoire, on avait  « plein-air » autrement dit « athlétisme » au stade en bas du théâtre romain (le stade Saint-Roch n’existait pas). Les « équipements » étaient rudimentaires. Pour le saut en hauteur, à force de sauter, un trou s’était creusé devant l’élastique, qui se remplissait d’eau les jours de pluie. On disait «  on fait des départs plongeants ! »  Comme il n’y avait pas de plan Vigipirate, la porte entre le stade et l’école militaire était ouverte, ce qui permettait aux élèves de l’école de venir s’entrainer au stade quand ils n’avaient pas cours, même pendant nos heures de plein air. Quand ils le pouvaient, nos « petits copains » venaient nous voir et faisaient des tours de piste en même temps que nous. Comme ils étaient plus rapides que nous, ils nous servaient de « lièvre ». Les filles étaient très douées en demi-fond !!.Si on avait la moyenne en sport, on avait des points en plus au bac. Le dessin lui était en option.

Pour la petite histoire, j’étais en terminale avec l’oncle d’Arnaud Montebourg, avec qui j’ai passé tous les jeudis après-midi à faire des mathématiques. On avait un devoir de math à rendre le vendredi matin  ».
On vous remercie beaucoup, c’est gentil de nous avoir accordé du temps ! Merci à vous ! 
Douard Ludivine et Bordalo Eléa
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Interview de Monique Bourgeois
Quel est votre Age ?
« J’ai 75 ans »
De quand à quand avez vous cotoyé ce lycée ?
« Je l’ai côtoyé de 1959 à 1962, de la seconde à la terminale » 
 
Quels  étaient les matières que vous aimiez le plus ?
« C ’était la physique, la SVT, mathématiques et français. J’avais horreur de l’histoire géographie ».
Est-ce qu’il y a avait un reglement interieur ?
« Je n’ai pas fait attention »
Y-a-t-il des choses qui vous ont marquées ?
« Oui, le passage de la 3ème a la 2nd . Etant très encadrés par les profs du CEG, on nous considérait comme étant très scolaires et peu émancipés ».
Avez-vous encore  des contacts avec vos amis du lycée ?
« Non plus maintenant ».
Quelles études et quel métier avez-vous fait ?
« J’ai  fait des études de SVT et j’étais professeur de SVT au lycée de Saulieu puis au Creusot puis à Montchanin puis à Couches ».
Est-ce que les écoles étaient mixtes à  l’époque ?
« Oui »
Avez-vous appréhendé votre passage au lycée ?
« Non »
Quel professeur aimiez vous bien ?
« J’aimais bien :
-le professeur  de mathématiques, Mr Cayeux
-la professeur de français Melle Bouhéret
-le professeur de SVT, Mr Lacomme : il nous emmenait souvent herboriser à la Genetoye ».
Avez-vous encore des souvenirs de vos cours ?
« Oui, j’ai beaucoup aimé  les cours de français de seconde et de maths de terminale».
Quelles étaient vos conditions de travail à la maison ?
« Je travaillais le soir à la bougie, quand ma famille dormait, pour leur éviter la lumière. L’année du bac, je me levais à 3H du matin pour réviser et cela très souvent ».
Sortiez-vous souvent en ville ?
« Les élèves qui avaient de l’argent, allaient après 5H , boire un pot au café français. Nous on en avait très peu : on allait au prisu se payer des boules de chocolat et des pralines ».
Créa Enzo et Delmer Maximilien
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Interview de Nicole Prost


 
 
Nicole Prost a été au lycée Bonaparte de 1952 à 1961 comme élève. Elle redoubla sa dernière année et voulut arrêter les études pour travailler mais après quelque mois de dans la vie active,  elle se rendit compte que cela n'était pas fait pour elle et elle choisit de recommencer son année de terminale au lycée Saint Sacrement ne voulant pas revoir les anciens élèves plus jeunes qu'elle au lycée Bonaparte qui la connaissaient.
Quand êtes vous retournée au lycée Bonaparte ?
« Je suis retournée au Lycée Bonaparte  de 1980 à 1989 et de 1996 à 2002 en tant que CPE. »
Pouvez-vous nous décrire vos années lycée ?
« En 1952, le lycée Bonaparte était ouvert aux filles depuis seulement quelques années. La vie au lycée était très différente dans les années 50 comparée à maintenant .On arrivait en 6éme à l'époque et on restait  jusqu'en terminale. Alors moi j'ai choisi le classique. J'ai étudié le latin et l'allemand et en quatrième on choisissait une troisième langue donc j'ai pris anglais. Les classiques, nous étions une petite classe. Souvent ,les modernes  étaient plus nombreux. Nous étions une classe d'environ 25 élèves. Un des gros changements entre 1952 et aujourd'hui étaient les professeurs.  Je pense que les professeurs étaient beaucoup plus exigeants. Les devoirs étaient très nombreux dans chaque matière ,il y avait également beaucoup d’heures. Nous finissions le Samedi à 16h. Mais en revanche on ne travaillait pas le Jeudi. C'était pour cela qu'on parlait de  la semaine des 4 Jeudis. »
Comment vous comportez-vous en tant qu’élève ?
« J’étais  une élève très dissipée qui faisait souvent le clown. Par exemple avec la prof de latin français et pourtant on la craignait, j’avais une copine c'est à qui monterait le plus haut et le plus souvent sur la table pendant qu'elle tournait le dos. Malgré cela j’aimais beaucoup l'école mais je n'aimais pas travailler. Mes matières préférées étaient  le français, l'histoire géographie, le sport .En allemand, je n'étais pas très douée en grammaire ce qui est important pour être bon en allemand. En revanche j’avais de mauvaises notes dans les matières que je  n'aimais pas comme les mathématiques. Je restais toute la semaine à l’internat mais étais une des rares qui pouvait voir assez souvent ses parents car ceux-ci vivaient à  côté d’Autun. J'avais la chance de rentrer touts les dimanches car la plupart ne rentraient que pour les vacances.  A l'époque l'internat était dans ce qu'on appelait la pension Boutrou car il n'y avait pas un internat de filles. L'internat des garçons était dans les murs du lycée.  Les filles nous étions en ville dans une espèce de pension avec des vieilles filles. On disait que c'était des sœurs défroquées. Elles avaient une armée de chats gris qui venaient « caquer « sur nos affaires quand on ne fermait pas les portes !On traversait en rangs toute la place du Champ de Mars et on allait rue de l’Arquebuse.  On avait des cuvettes pour se laver à l'eau froide alors on n’avait pas bien chaud. Et en 4ème on a déménagé avec le concierge. Il avait une charrette à bras qu'on tirait où on avait mis la literie. A l'époque c'est nous qui apportions notre literie. Le concierge a apporté tous les matelas et on a donc déménagé rue Bulliot ,là on était bien. On avait le chauffage et l'eau chaude. A la pension Boutrou, quand on était petite on mangeait très mal. On nous forçait à manger en plus. Quand on avait l'air de retirer l’assiette, on nous en recollait une louche. Alors on avait un truc. Il y avait un WC extérieur et tout ce qu'on n’aimait pas on le jetait dedans . Moi  j'ai été punie une fois car à l'époque je détestais les poireaux vinaigrette et j’ai refusé de les manger.  J’ai été  à souvent punie mais parfois à tort comme la fois où après une sortie le jeudi à la croix de la libération les élèves avaient fait exprès de passer par des rues différentes pour perdre les surveillantes qui les accompagnaient Voulant faire une farce aux surveillantes, les filles ont pris les petits chemins donc elles sont arrivées une demi-heure avant les surveillantes qui étaient furieuses .Il y eut dix collés : j'étais dedans. J'ai éclaté en sanglots et je suis allée voir le proviseur qui habitait dans le lycée . !J’ avais été punie alors que je  n'avais pour une fois rien fait puisque j’étais sortie avec mes parents et mon père m'avait soutenu. Je n'aimais pas les injustices  savais beaucoup de mal avec l’autorité.».
Est-ce que le bac se passait différemment ?
« A l'époque le bac était  différent.  Il y avait 2 bacs, l’un en première, l’autre en terminale. J'ai eu beaucoup de mal avec le premier bac car on passait toutes les matières en classe de première. »
 
Y avait-il des voyages à  l’étranger ?
« J’avais une correspondante allemande ce qui m’a permis d'aller deux fois en Allemagne. Je ne m’entendais pas extrêmement bien avait ma correspondante qui était une fille unique un peu spéciale mais j’aimais beaucoup sa mère, une femme très courageuse et gentille qui était fan du général de Gaulle ».
Qu’avez-vous fait après le lycée ?
« Après avoir fini mes études au lycée, je suis devenue surveillante dans un lycée et je me suis inscrite à la fac de Dijon en histoire. Ensuite, j’ai passé un concours pour devenir CPE, un métier qui m’apporta beaucoup. Ce métier est toujours riche en rebondissement avec de nouveaux élèves tous les ans. Souvent ce n’étaient pas les élèves les plus pénibles mais le personnel et  parfois les professeurs !»  

Daudin Pauline
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